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Home: Surnames: Huguenot Family Genealogy Forum

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Re: Wallons (Hugenots)
Posted by: Claude dulac (ID *****3577) Date: October 03, 2006 at 14:12:15
In Reply to: Wallons (Hugenots) by Claude dulac of 150


Les Wallons fondateurs de New York et Pierre Minuit
Récemment, en faisant un travail critique sur le livre que Robert Goffin écrivit et publia pendant la dernière guerre mondiale aux Etats Unis (éditions Brentano’s) sous le titre de " DE PIERRE MINUIT AUX ROOSEVELT ", nous nous rendîmes compte qu’hormis l’erreur situant les origines de la famille Minuit à Ohain 1, son travail apportait une foule d’informations intéressantes et peu connues des belges concernant la naissance de la ville de New York.
Si, à juste titre, beaucoup de citoyens de notre belle commune étaient fiers d’avoir comme prédécesseur le géniteur du célèbre Pierre Minuit considéré, tant par les historiens américains que hollandais ou allemands, comme le premier Gouverneur de New York, très peu en connaissaient l’histoire réelle.
De même, la saga peu banale de la colonisation de l’île de Manhattan par une trentaine de familles majoritairement wallonnes, réfugiées en Angleterre et aux Provinces Unies (qui deviendront les Pays-Bas) au début du XVIIe siècle, était à peine connue de quelques spécialistes.
Pierre Minuit, né à Wesel (Rhénanie), était le fils d’un de ceux-là. Son père, Jehan, natif de Tournai, dut fuir la répression sanguinaire du duc d’Albe. L’oncle de Jehan, Salomon Minuit, fut exécuté comme hérétique en place de Tournai vers 1570. C’était un marchand renommé ayant des comptoirs un peu partout, y compris en Orient. Jehan suivit ses traces. Après avoir fui Tournai, il resta pendant environ 10 ans à Anvers où il s’initia sans doute au commerce. Il quitta la cité scaldienne pour s’installer à Wesel vers 1581 et y poursuivit son négoce.



Nous allons tenter, avec infiniment moins de talent que Robert Goffin, de résumer cette aventure des Wallons fondateurs de la capitale mondiale du business
La tyrannie de Philippe II et de son âme damnée, le duc d’Albe, joua, sans le vouloir, un rôle significatif dans la naissance de New York dont le nom initial fut, dès l’arrivée des premiers Wallons, Neuve Avesnes, en l’honneur de Jesse de Forest (natif d’Avesnes), personnage clef de l’exode de ces pionniers de la Nouvelle-Belgique.
C’est en effet lui qui remua ciel et terre pour que les descendants des émigrés wallons qui se trouvaient dans les Provinces Unies à Leyde et ceux qui s’étaient réfugiés en Angleterre, soient autorisés à fonder une colonie en Virginie (région des environs de N-Y). A cet effet, il établit, en 1621, une liste connue sous le nom de Robin Round, de cinquante familles majoritairement wallonnes, désireuses de fonder ensemble un nouveau pays où tous seraient égaux.
Il la remit à l’ambassadeur d’Angleterre à La Haye en exigeant le respect de certaines clauses telles : la liberté de pratiquer le culte de son choix ; la reconnaissance de la langue française, tant dans l’exercice du culte que dans celui de l’administration ; la possibilité d’être armé, notamment de canons, afin de dissuader des voisins trop envieux. La réponse à cette proposition se fit attendre durant trois ans et consista, on s’en doute, en un refus poli de la part de Sa Majesté britannique.
Cependant, comme beaucoup de ses compagnons d’infortune, Jesse se rendit compte que l’espoir de retourner dans son pays natal et de reprendre ses activités n’était plus que chimère et que l’effort à produire pour s’adapter à la langue et à la façon de vivre de son pays d’accueil risquaient d’être fait en pure perte car la Hollande n’était toujours qu’un mirage pouvant s’évanouir au gré de la fortune des armes, ou de l’intérêt des princes.
Dès lors, poursuivant son idée d’une colonie wallonne, il se tourna vers la Compagnie des Indes Occidentales, nouvellement créée à l’initiative d’un émigré anversois William Usselinckx, en lui précisant toutefois que son offre était à prendre ou à laisser.
Usselinckx fut ravi de cette opportunité car il éprouvait des difficultés à trouver des candidats à l’exode vu le niveau de prospérité atteint par les habitants des Provinces Unies libérées de la tutelle espagnole. En revanche, les administrateurs de la Compagnie ne voyaient guère de profit à tirer de ce pays sauvage, sans épices et sans or; alors que l’attaque des galions et des ports espagnols des Antilles était d’un bon rapport.



De plus, la guerre n’étant pas terminée avec l’Espagne, cela affaiblissait notablement l’ennemi et concurrent maritime. Il fallut toute la persuasion de William Usselinckx et de Pierre Minuit 2, nouvellement engagé par la nouvelle Compagnie des Indes Occidentales (C.I.O), pour décider leurs patrons. Ces derniers consentirent finalement à laisser partir ces Wallons inadaptés vers des contrées sans intérêt.
Ils embarquèrent à bord du Nieu-Nederland sous le commandement du capitaine Corneille May et c’est le 4 mai 1624 que huit familles furent déposées à la pointe de Manhattan. Les autres familles avaient été réparties suivant les directives de la Compagnie : dix-huit à Fort Nassau (actuellement Albany), quatre couples et huit hommes étaient affectés aux environs de l’actuelle Gloucester et deux familles et six hommes dans le Connecticut.
Lorsque ces personnes prirent possession de leur domaine, il n’y avait que quatre huttes en mauvais état qui avaient été édifiées à la hâte par quelques hommes déposés là en 1614 par le grand baroudeur des mers, le hollandais Adrien Block. Ils subsistaient tant bien que mal, faisant du troc avec les Indiens et envoyant annuellement à la compagnie une production de fourrures assez maigre.
A partir de 1624, les choses vont changer car si les financiers de la Compagnie Occidentale des Indes avaient accepté de financer le départ des Wallons, c’était dans l’espoir de voir leurs investissements rémunérés à la hauteur des promesses faites. Aussi, en 1625, Pierre Minuit est chargé d’une mission exploratoire visant à établir un plan concret permettant, à terme, le développement de cette colonie et une rentabilité comparable à celle des autres secteurs d’activité.
Le chargé de mission rentre fin 1625 et semble avoir convaincu ses patrons. En effet, l’année suivante, il est nommé directeur principal et gouverneur de Nieuw Amsterdam, en Nouvelle Belgique. Il amène avec lui du matériel et des animaux de ferme réclamés par les colons. Il semble bien que la tâche principale qui lui fut assignée, consistait à établir une infrastructure permettant une exploitation dans des conditions de sécurité acceptables afin de favoriser au maximum le commerce et le développement de cette nouvelle implantation.
Pierre Minuit se mit directement à l’ouvrage.
Il fit renforcer les fortifications, il érigea notamment un mur au nord de la pointe de Manhattan 3, installa un quai permettant aux navires d’accoster, il y fit installer un moulin à vent pour moudre les récoltes qui ne tardèrent pas à grossir et, en 1626, il acheta l’île aux Indiens Mahattes (de la branche des Algonquins).
Le prix de cet achat a été consigné la même année, par un employé de la Compagnie qui l’évalue à 60 gulden (+/- 24 $). Cet achat a été enregistré sur un parchemin dont la trace n’a pas été retrouvée. Il fut rédigé, selon les chroniqueurs, afin de pouvoir, le cas échéant, être opposé à un pays 4 qui aurait contesté la légitimité de cette possession (l’Angleterre principalement).



Ce procédé teinté de juridisme sera d’ailleurs réutilisé par certains colons, dont un des premiers arrivants assez opportuniste : Michel De Pauw, lequel acheta ainsi Staten Island et d’autres terrains qui seront appelés Hoboken en souvenir de l’endroit où il vécut dans la région anversoise. L’opération immobilière fut juteuse car il revendit ces terrains vingt ans plus tard avec un énorme bénéfice et termina ses jours du côté de Gand où il vécut dans l’opulence.
Pierre Minuit fut rappelé en 1632, de même que le pasteur Michaêlus. Ce dernier avait écrit plusieurs lettres à la direction de la Compagnie dans lesquelles il se plaignait du comportement de Pierre Minuit, le traitant, entre autre, de vil fornicateur...
Quelles furent les raisons exactes de ce rappel, nous ne le saurons jamais vu que ni l’un ni l’autre ne retournera à Nieuw Amsterdam en Nouvelle-Belgique.
Il semble cependant que Pierre Minuit conserva de bonnes relations avec la Compagnie. En effet, quelques années plus tard, il s’associa à Usselinckx (toujours actif à la C.I.O.), en vue d’aller fonder, pour compte de la reine Christine de Suède, une nouvelle colonie qu’il appellera :Fort Christina (actuellement : Wilmington).
Ici s’achève l’histoire des fondateurs wallons, qui furent très vite et logiquement supplantés par les Néerlandais, d’autant que la Compagnie, voulant promouvoir l’établissement de colons, prit, en 1629 une disposition par laquelle tout investisseur amenant cinquante émigrants bénéficierait d’un droit de propriété foncière important.
Pour conclure, je citerai W.E. Griffis qui, dans son livre intitulé "The story of the Walloons ", disait : j’applique le principe suivant lequel hommes et femmes, foyers et familles, sont les fondations d’un Etat….et les Wallons s’installèrent ainsi déjà en 1624………et le président des Etats-Unis Théodore ROOSVELT qui écrivit : " On peut dire que la cité de New-York fut fondée quand quelques familles de protestants wallons furent envoyées sur les bords de l’Hudson dans le bateau ‘’Nieuw Nederland’’ en 1624 ".
S’il nous est permis de terminer par une image sylvestre, nous dirions que ces quelques Wallons furent les pépins jetés dans un sol fertile donnant naissance à des pommiers gigantesques dont les fleurs furent si odorantes qu’elles attirèrent des millions d’abeilles du monde entier qui les fécondèrent pour faire naître une pomme d’une saveur inégalable " BIG APPLE " par ailleurs très résistante aux parasites.5


Jacques Mévisse, mars 2002
Les origines de New York.
Légende et réalité.
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La légende veut que New York ait été fondée en 1626 par des Hollandais à la pointe sud de l'île de Manhattan. Certains manuels scolaires, livres d'histoire, dictionnaires, émissions télévisées - et jusqu'à des fabricants de cigarettes - rapportent même que le fondateur de New York s'appelait Peter Stuyvesant.


La réalité est quelque peu différente...


























C'est en mai 1624 que le Nieu Nederlandt, un navire affrété par la Compagnie des Indes occidentales arrive en vue de l'île de Manhattan. Le bâtiment transporte une trentaine de familles belges : la plupart sont des Wallons auxquels sont venus se joindre quelques Flamands.
Les passagers vont bientôt être dispersés : après avoir été débarqués sur l’île aux Noix (aujourd’hui Governor’s Island), huit colons vont rapidement construire un fort au sud de l'île de Manhattan - sur le site actuel de Battery Park. Les autres se répartissent comme suit : quatre couples et huit marins vont gagner la rivière Delaware et bâtir le Fort Nassau (à proximité de la ville de Gloucester dans le New Jersey). Deux familles et six hommes remontent la rivière Fresche (Connecticut) et vont y construire un fortin à l'emplacement actuel de la ville de Hartford. Environ dix-huit familles restent à bord du Nieu Nederlandt et remontent la rivière Hudson. Elles vont débarquer à l'emplacement actuel de la ville d'Albany (capitale de l'Etat de New York).
Ces premiers pas dans la colonisation de ce territoire ne constituent en fait que la suite d'un processus entamé un siècle plus tôt.
En effet, c'est en 1524 que l'expédition française dirigée par le Florentin Giovanni Da Verrazzano découvre pour la première fois la baie de New York. Le roi François 1er étant alors en guerre avec l'Espagne, l'information est envoyée aux archives. Pendant plusieurs dizaines d'années, ce sont surtout les Espagnols qui vont manifester de l'intérêt pour le Nouveau Monde et en exploiter les richesses.

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Willem Usselinx
En 1555, l'abdication de Charles Quint en faveur de son fils Philippe II va précipiter les Pays-Bas dans le chaos. Le duc d'Albe, envoyé par le roi d'Espagne, y impose une répression impitoyable contre les protestants, en révolte contre les abus de l'Eglise catholique.
Les excès de l'Inquisition mèneront à une émigration massive de Wallons et de Flamands vers le Nord des Pays-Bas, la Suède, l'Angleterre et l'Allemagne, à la révolte des " Gueux ", ainsi qu'à la sécession des Provinces du Nord des Pays-Bas, qui prendront le nom de Provinces-Unies. Les Provinces du Sud continueront à subir le joug espagnol et les affres de la guerre.
Pour éviter toute confusion, il faut savoir qu'à l'époque, les Pays-Bas couvraient une bonne partie du Nord de la France et de la Lorraine, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas actuels. Ses habitants étaient appelés les Belges, et les cartes de l'époque représentaient le pays sous la forme d'un lion : le " Leo Belgicus ".
C'est en cette époque troublée que naît un jeune Anversois dénommé Willem Usselinx. Sa famille le destinant au négoce des épices, elle l'envoie faire sa formation en Espagne, au Portugal et aux Açores. A son retour des Açores en 1591, Usselinx décide de quitter Anvers pour la Hollande. Ayant constaté à quel point l'Espagne tirait sa richesse de ses colonies américaines, il n'aura de cesse de convaincre les Hollandais de fonder également des colonies dans le Nouveau Monde, dans le but d'y combattre les Espagnols.
Près de trente années d'obstination et d'efforts seront nécessaires de la part de Willem Usselinx pour qu'en 1621, la Compagnie des Indes occidentales voie enfin le jour. C'est elle qui affrètera le Nieu Nederlandt...

Henri Hudson
En 1609, un marin anglais nommé Henri Hudson découvre, par approximativement quarante et un degrés de latitude nord et septante-quatre degrés de longitude ouest, une grande baie dans laquelle se jette un long fleuve surgi des montagnes.
Hudson avait été chargé par les Flamands Emmanuel Van Meteren, Judocus Hondius et Petrus Plancius de découvrir, pour le compte de la Compagnie des Indes orientales, un nouveau passage vers la Tartarie et la Chine.
Alors qu'il explorait les côtes d'Amérique à bord de son navire, le hasard lui fit trouver, 85 ans après Verrazzano, le fleuve qui allait porter son nom, ainsi que le territoire qui devait devenir la future New York.

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Jessé de Forest
Jessé de Forest faisait partie de ces Wallons ayant fui les persécutions religieuses. Né à Avesnes en Hainaut en 1576, il quitte sa terre natale en 1615 et part s'installer à Leyde en Hollande. Il va y remuer ciel et terre pour obtenir le droit d'émigrer avec les siens et d'autres familles wallonnes vers le Nouveau Monde. Il y côtoiera aussi des Puritains anglais, futurs passagers du Mayflower.
Le 5 février 1621, Jessé de Forest adresse une pétition, rédigée en français, à Sir Dudley Carleton, ambassadeur de sa Majesté le roi d'Angleterre à La Haye. Jessé y demande, au nom d'une cinquantaine de familles wallonnes et françaises, l'autorisation de s'établir en Virginie, sollicitant pour ces dernières un territoire de huit milles anglais à la ronde. Connu sous le nom de Round Robin, ce document est aujourd'hui conservé au British Public Record Office.
Le 11 août 1621, la Virginia Company répond par un accord de principe, assorti de certaines restrictions, dont la plus grave interdit aux familles wallonnes de se rassembler en une seule colonie autonome. Jessé de Forest décline l'offre.
La naissance de la Compagnie des Indes occidentales fait alors germer un plan des plus astucieux dans l'esprit du Wallon.
Proposant ses services et ceux de ses compatriotes à la Compagnie hollandaise, Jessé lui apprend aussi qu'un groupe de familles, pratiquant tous les métiers, a l'occasion d'émigrer sous peu pour le compte des Anglais. Arguant que ces colons préféreraient partir pour la Compagnie des Indes occidentales, il souhaite une réponse rapide, précisant en outre que l'offre est à prendre ou à laisser.
Les États de Hollande, conscients de l'importance d'une telle ouverture pour d'éventuelles futures entreprises de colonisation, consultent le jour même les Bewindhebbers (directeurs) de la Compagnie, alors réunis à La Haye.
Le 27 août 1622, après les années d'efforts fournis par Willem Usselinx et Jessé de Forest, ce dernier obtient enfin l'autorisation officielle d'émigrer avec les familles candidates aux Indes occidentales.
Parti en reconnaissance sur les côtes de Guyane en 1623, Jessé de Forest meurt au bord de l'Oyapok (aujourd'hui frontière entre le Brésil et la Guyane française), le 22 octobre 1624.
Sa fille Rachel et ses fils Isaac et Henri iront rejoindre la Nouvelle-Belgique dix ans plus tard.

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Nouvelle-Belgique
A partir de 1615, les territoires compris entre la Virginie et la Nouvelle-Angleterre vont porter indifféremment le nom de Nouvelle-Belgique (Novum Belgium, Novo Belgio, Nova Belgica, Novi Belgii) ou de Nouveaux-Pays-Bas.
Le terme Belgique fait référence aux anciens Pays-Bas, qui couvraient alors une partie du Nord de la France et de la Lorraine, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas actuels. Ses habitants s'appelaient les Belges.
De nombreuses cartes du XVIème siècle montrent d'ailleurs ce territoire portant le nom de Belgique. Le nom tombera ensuite en désuétude au profit des Pays-Bas, et ne fera sa réapparition qu'en 1789 à l'occasion de la première révolution belge.
Plusieurs sceaux de l'époque rappellent en outre que les territoires entourant la future New York portaient le nom de Nouvelle-Belgique. Un premier sceau datant de 1623, porte l'emblème d'un castor - avant l'arrivée des colons en 1624, c'étaient surtout les trappeurs qui exploitaient la contrée -, et porte la mention " Sigillum Novi Belgii ". Le sceau de la Nouvelle-Amsterdam, datant de 1654, porte quant à lui la mention " Sigillum Amstellodamensis in Novo Belgio ".


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Pierre Minuit
En 1626, Pierre Minuit, gouverneur de la Nouvelle-Belgique, se rend célèbre en achetant l'île de Manhattan aux Indiens Manhattes, en échange de verroterie et autres colifichets, pour l'équivalent de 60 florins (24 dollars).
Pierre Minuit est un Wallon, né à Wesel (Rhénanie). Ses parents, originaires de Tournai en Hainaut, s'y étaient installés en 1581 pour fuir les persécutions religieuses. Il deviendra lui-même diacre de l'Eglise wallonne.
Soucieux de défendre les intérêts des colons, il se distinguera aussi par le respect de ceux des Indiens, partant du principe qu'il y a plus à retirer du mélange et de l'intégration harmonieuse de deux cultures - même opposées en apparence - que dans le rejet pur et simple de la plus faible ou soi-disant moins " civilisée ".
La tolérance n'est d'ailleurs pas le point fort de la Compagnie des Indes occidentales. Organisation féodale, celle-ci impose à tous les colons désireux d'émigrer en Nouvelle-Belgique une série de règles strictes : outre l'exercice de la religion réformée, les colons doivent faire usage exclusif du bas-allemand - langue à l'origine du flamand et du néerlandais actuels -, dans tous les actes publics rendus à la colonie.
De nombreux patronymes sont " néerlandisés ", comme Rapalje pour Rapaille ou Minnewit pour Minuit. D'autres colons sont tout simplement désignés par le nom de la ville hollandaise qu'il viennent de quitter. L'historien américain Charles W. Baird, dans son livre "History of the Huguenot Emigration to America", a qualifié ce genre d'abus de Batavian disguise (camouflage à la Batave).
Il est également défendu aux colons de tisser de la laine ou de la toile, ainsi que de fabriquer du drap ou tout autre tissu, sous peine d'être bannis ou punis comme parjures. Le but caché est ici de garantir un monopole aux importations en provenance de Hollande.
L'attitude bienveillante et protectrice de Pierre Minuit à l'égard des colons, ainsi que la convoitise d'un directeur de la Compagnie hollandaise voulant imposer son neveu en tant que gouverneur, font qu'il est rappelé en 1632.
Les traces des Wallons et des Flamands à New York sont nombreuses et souvent ignorées : la baie de Gowanus par exemple, à l'ouest de Brooklyn tire son nom d'Owanus, traduction latine de Ohain, village du Brabant wallon. La baie de Wallabout, au nord de Brooklyn est une déformation du néerlandais Waal bocht (baie wallonne).
Le nom de Hoboken, quartier bien connu de New York, provient d'une commune de l'agglomération d'Anvers en Flandre. Communipaw, à Jersey City, est la contraction de Community of Pauw. Michel De Pauw, originaire de Gand en Flandre, avait aussi acheté Staten Island aux Indiens en 1630.
Quant à Peter Stuyvesant, à qui certains veulent absolument attribuer la paternité de la fondation de New York, il n'est arrivé qu'en 1647, soit vingt-trois ans après le débarquement des premiers colons.

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Reconnaissance américaine
Le 20 mai 1924, à l'occasion du tricentenaire de la fondation de New York, un monument commémoratif est érigé en l'honneur des colons wallons, sur le site de Battery Park, à la pointe sud de Manhattan.
Une pièce de monnaie en argent, de 50 cents, commémorant le tricentenaire de l'arrivée des Wallons est également mise en circulation à la même époque.
Le gouvernement des Etats-Unis rend encore hommage aux premiers colons en procédant à l'émission de timbres-poste de 1, 2 et 5 cents.

Oubli belge
On peut se demander pourquoi les circonstances réelles entourant la naissance de New York demeurent, aujourd'hui encore, pratiquement ignorées dans la Belgique actuelle.
Les manuels scolaires et livres d'histoire sont muets à ce sujet. Récemment, " Génies en herbe ", un jeu organisé par la RTBF (Radio Télévision belge francophone) et mettant en compétition différentes écoles, demanda aux candidats qui était le fondateur de New York. La prétendue bonne réponse était Peter Stuyvesant... Une réponse qui en dit long sur l'oubli dans lequel sont tombés les ancêtres des participants... et des organisateurs !
Cet oubli peut s'expliquer de différentes façons. En voici une qui paraît plausible : les fondateurs de New York étant des Wallons et des Flamands protestants, la Belgique étant catholique et l'enseignement ayant très longtemps été influencé par l'Eglise, on peut supposer que celle-ci ait volontairement occulté cette période de notre histoire.
Après trois cent septante-cinq ans, les colons wallons et flamands protestants ne semblent donc toujours pas bénéficier du pardon de l'Eglise catholique.
Les rancunes sont quelquefois tenaces...

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Bibliographie
• Description de la Nouvelle Belgique (par Johannes De Laet - 1640)
• Les Belges et la fondation de New York (par Antoine De Smet - conservateur-adjoint à la Bibliothèque royale de Belgique)
• Les Wallons, fondateurs de New York (par Robert Goffin, Institut Jules Destrée)
• Historique de la colonisation de New York par les Belges (par G. Gomme)
• The Belgians, first settlers in New York (par Henri G. Bayer)
• History of the Huguenot immigration to America (par Charles W. Baird)
• History of the United States of America (par George Bancroft)
• History of the city of New York (par Martha Lamb)
• Narratives of New Netherland (par Franklin Jameson)
• History of the State of New York (par Dr. John Romeyn Brodhead)
• Memorial History of the City of New York (par le Général James Grant Wilson)
• La part des Belges dans la fondation de l'Etat de New York (par le Baron de Borchgrave)
• Willem Usselinx (par Michel Huisman, professeur à l'Université libre de Bruxelles)
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Liens
• Belgian Immigrants in New York State


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