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Le Beau Nom de LeBoeuf
Posted by: sharon (ID *****6138) Date: August 08, 2002 at 22:20:17
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I have attached an old article regarding the name LeBoeuf.

LE BEAU NOM DE LEBOEUF
(re-entered by Sharon LaBouff, August 2002, for LeBoeuf family genealogy)

Il ne saurait y avoir plus beau nom que celui que l’on porte. Le nom d’autrui a beau être ronflant, sonore, démesurément long dans sa prétendue noblesse, il ne peut revaliser avec celui que nous ont légué les ancêtres. Celui-là seul parle à nos coeurs, suggère des souvenirs, garde comme un relent d’antiquité, d’orient, d’extrême lointain. Le nom qu’on porte c’est celui qui nous convient; il a été créé pour nos aïeux, qui l’ont accepté comme nom personnel pour eux et leurs descendants.

Le nom de famile c’est un héritage, un legs inaliénable à retransmettre. C’est pour cela qu’il faut l’écrire commel’écrivaient et son père et son grand-père avec ses modifications, ses variantes, ses prétendues erreurs. Tout cela fait partie du nom, ce sont des fioritures qui l’enjolivent, qui lui confèrent du cachet, qui le situent dans le temps et quelque part dans un coin de sol de la France ou d’ailleurs.

Tout nom comporte une signification; c’est comme une étiquette accolée au front de l’ancêtre, lors du «tag-day» où chacun reçut son second nom. Il convient de rechercher la signification de ce nom pour découvrir si c’est un éloge ou un blâme, un compliment ou une mauvaise note. La recherche du sens du nom révèle toujours quelques détails sur la vie des ancêtres, sur le lieu d’origine, sur la profession exercée. L’orthographe du nom peut suffire à révèler la province d’où l’ancêtre est parti pour l’aventure des îles et du Canada.

Le nom de Leboeuf semble d’étymologie évidente. Chapuy se contente de le mentionner dans la liste des noms de famille tirés de noms d’animaux. Lorédan Larcher dit que c’est le surnom d’un homme vigoureux et travailleur. C’était probablement le cas de celui que, au treizième siècle, est désigné sous le nom de Hugo-dictus Bos. Au douzième siècle quelques propirétaires et seigneurs féodaux commencèrent à ajouter à leur nom de baptême celui de la terre qu’ils possédaient. Quant aux serfs et aux vilains, durant le moyen âge, on les désigna par leur nom de baptême, associé à celui de leur père ou de leur frère ou même d’un oncle.

Le surmon était emprunté à diverses particularités indiquant la profession, la condition sociale, la nationalité, la personne physique, la personne morale, le lieu d’habitation, le voisinage, le vêtement, le règne animal ou végétal. Au règne animal se rattache le nom de Leboeuf. Au XIIIº siècle, on trouve en Normandie Thomas Vaque, Robertus Bos, Willelmus Torel, Colin L’Asne, Vincentius le Buffle, Jehan le Porqueret, Jehan Gorrey. Les noms suivants étaient communs: Loisel, Lacaille, Papillon, Ledain, Lebouc, Lechevrel, Porquet, Lestournel et Piédagnel.

Dans un inventaire du mobilier des Templiers on lit que Thomas de Ballerry et Thomas Vauque son «gardes d’une charue et de de harneis» que Johan de Reniermesnil et Johan Hagueis sont «bouviers» que Johan de Longnes était «vachier et berquier».

Les surnoms et sobriquets ayant été acceptés définitivement comme noms de certaines familles, le nom de baptême fut appelé le prénom. Le nom de famille Leboeuf apparut donc entre l’an 1300 et l’an 1350. On le cherche en vain parmi les noms des compagnons de Guillaume le Conquérant. Dans les Hundred Rolls on rencontre les noms de Thomas le Cu (cow), Peter le Vache, Simon le Steer, Godwin le Bulloc. C’était sans doute les surnoms d’hommes forts et vigoureux qui, de l’autre côté de la Manche se seraient appelés Leboeuf. De nos jours, en Angleterre, persistent les noms de Bull, Bullock, Buffery et Thoreau.

Le bœuf depuis la plus haute antiquité était l’animal domestique le plus apprécié de la famille rurale. Comme chef du troupeau, le taureau était entouré d’un grand respect à l’époque où être riche c’était posséder des vaches. Le goshpada c’est le seigneur riche et prospère par le soin qu’il donne aux troupeaux. En sanscrit la prospérité, le bonheur se dit goganika, comme si la prospérité résultait des soins vigilants que l’on prodigue aux vaches.

Avant l’usage de la monnaie tout s’évaluait en têtes de bétail pour les échanges et les salaires. Dans Homère, les armures de Glaucus et de Diomède sont estimées valoir respectivement cent bœufs et sept bœufs. Chez les anciens Romains un bœuf équivalait à dix moutons et chez les Scandinaves, une vache à douze béliers. Encore au moyen âge les Kymris estimaient tout en vaches et donnaient vingt-huit vaches pour sept chevaux; quatorze vaches, pour quatre chiens; douze vaches, pour une épée; six vaches pour un foucon, etc. Chez les Iraniens, le salaire du médecin se payait en vaches. L’épithète satagu «qui possède cent vaches» voulait dire opulent. être pauvre, c’était être «sans vache» agu, a privatif et go, vache, l’équivalent de l’aboutès, le sans-bœuf de Hésiode, le contraire du polyboutès de Homère «le riche en troupeaux de bœufs». Écoute la prière d’un Hindou contemporain de Socrate: «Ö Dieu, accordez-nous la richesses et des centaines de vaches. Puissions-nous par le nombre de nos vaches surmonter la pauvreté malheureuse, etc».

Le bœuf laboureur n’était pas moins précieux. Il était interdit de l’immoler dans les sacrifices, sans doute à cause le la difficulté de le remplacer sur la terre. Les Romains larouraient toujours avec des bœufs couplés deux à deux, singulis jugis, ils y mettaient quelquefois plusieurs paires, paribus jugis, rarement trois bœufs sous le même joug. Ce qu’un joug de bœufs pouvait labourer en un jour s’appelait jugerum, un arpent. Les bœufs étaient entraînés avec grand soin dès leur jeunesse. On peut lire ce qu’en dit Virgile au livre III des Géorgiques vers 163 à 178. Le rector boum conduisait son joug avec un bâton pointu, «le stimulus», l’aiguillon. Les bœufs, unis par le cou ou par les cornes, ne se reposaient qu’au bout du sillon, jamais au milieu. L’éminence de terre qui se trouve entre deux sillons se disait lira, l’ados, le billon; celui qui labourait croche était dit «delirare», s’écarter de la ligne droite, délirer.

Le bœuf était un symbole de force. L’homme pour le courage était comparé au lion, pour l’intellience au chat, pour l’endurance et la force au taureau. Le maître des dieux, Jupiter, était qualifié de l’épithète tauricornis «qui a des cornes de taureau» pour indiquer que rien ne résistait à sa volonté. La déesse Diane, la chasseresse, avait pour surnom celui de Tauropolos parce qu’elle était honorée en Tauride et par des sacrifices de taureaux. Le peuple anglais, peuple puissant et fort, qui a réussi à dominer les mers et créer un vaste empire, s’honore du sobriquet de John Bull, Jean Leboeuf. Le taureau est en somme un noble et vaillant animal, auquel l’humanité est grandement redevable. Non seulement il aide l’homme à cultiver le sol, mais il le nourrit de sa chair, il le vêt et le chausse de son cuir. Le bœuf de son pas lent et majestueux transporte la moisson; on l’attelle même au char des rois et des triomphateurs; voire à notre époque de machinisme, on trouve encore, même au Canada, le vieil et vénérable équipage des bœufs sous un joug de bois se détournant de la route pour livrer passage au fringant et hennissant coursier ou à l’impatient et «beuglant» automobile.

Il ne faut pas s’étonner si le nom Leboeuf a été populaire comme nom et comme sobriquet. Il est, on peut l’affirmer, aussi ancien que n’importe quel nom de famille; il est de la toute première fournée de noms créés au treizième siècle. Il a donné naissance à d’autres noms de la même racine: Bouvier, Bouverin, Bouveron, Bouverat, Bouveret, Bouvret, Bouvrette, Bouverot, Boverat, Boveron, Bouvelet, Bouvin, Bouvenot, Bouvet, Bouvat, Bouvot, Bouvard, Bovet, Bovard et plusieurs autres.

       Le nom de Leboeuf n’a pas été influencé par un nom personnel antérieur porté par un saint ou un personnage. Ce qui ne veut pas dire que les Leboeuf n’ont pas de saints à invoquer comme saint Christophe, le bon géant, et saint Jean Brébeuf, le martyr colosse et vigoureux. On trouve d’abord le vierge de Reims, sainte Beuve (Bova), fête le 24 avril, qui vivait au septième siècle; saint Beuvon, gentilhomme et soldat provençal, fête le 22 mai, vers l’an 986. Le nom de Leboeuf n’a pas été suggéré par la toponymie française; les noms de lieux Bouvaincourt (Marne et Somme) et Bouvincourt (Nord) semblent avoir été nommés d’après sainte Beuve (Bova, dont le génitif à l’époque de Charlemagne était Bovane ou Bovain). Les quelques cinquante localités de France qui rappellent l’élevage local des bovins comme la Bouverie ne semblent pas avoir non plus influencé l’attribution du nom de Leboeuf pas même la grosse commune de Les Bœufs dans la Somme. Les récifs au large de la Vendée, de la côte du Morbihan, du Finistère, de la Bretagne et la Manche, appelés les Bœufs ou la chaussée des Bœufs servirent plus à vulgariser le nom de Lebeouf, surtout à l’île de Noirmoutier, pas loin de la Rochelle. Dans le Calvados, il y a deux hameaux du nom de Leboeuf, l’un dans la commune de Périgny, l’autre dans celle de Saint-Vigor-des-Mézerets.

       Après tout ce que nous avons dit il est peut-être temps de donner l’étymologie du nom de Leboeuf. Le mot français bœuf, en italien bove, en grec bous, en latin bos, en anglais beef, vient d’une racine grecque et latine bu )bou, bov, bo) qui veut dire crier, apparentée au sanscrit gu, même signification. Boè en grec; le cri, boao, je crie. Le bœuf, c’est l’animal qui a une voix qui s’entend: le crieur; reboare, c’est retentir; la génisse se dit bucula, d’où le bas-latin buculare beugler, crier avec la voix retentissante du bœuf.

Le nom de famille Leboeuf s’est écrit autrefois Lebeuf comne Brébeuf et Elbeuf, mais au Canada l’orthographe Leboeuf a prévalu. If faut y tenir. Il semble que l’idée de force se cache moins dans la forme qui conserve l’oe et s’écrit aven un B majuscule, LeBoeuf.

       Les Leboeuf n’ont pas besoin que je leur prouve que leur nom est des plus beaux puisque il s’est maintenu cinq cent ans. Ce nom les rattache à la vie pastorale alors que la richesse consistait en troupeaux de gros et petit bétail. Les LeBoeuf, fiers de leur nom et solidaires en leur pui familial, l’association des familles LeBoeuf de l’Amérique du Nord, tiendront à prendre pour eux la devise de ces LeBoeuf anoblis: Omnia labore, tout par le travail. Ils tiendront à ne jamais tracer le sillon croche, à ne jamais s’écarter de la ligne droite, à ne pas délirer. La force est leur vertu, compatible avec la charité et la légitime fierté. Ut bos a boando, sic nos reboamus gnetis honorem (italics by S.L,); tout comme le bœuf vient de crier, de même faisons-nous retentir l’honneur de la gent des LeBoeuf.

Pour vivre heureux, vivons unis.
Casimir HÉBERT
Anthroponymiste
Montréal, 15 mars 1949.


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