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Home: Surnames: Papineau Family Genealogy Forum

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Talbot Mercer Papineau
Posted by: Claude dulac (ID *****3577) Date: August 02, 2006 at 05:49:01
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Le Canada en mal de héros : de Talbot Mercer Papineau à Justin
Trudeau
Normand Lester
Auteur du Livre noir du Canada anglais

Édition du mercredi 2 août 2006

Après avoir endormi le Québec entier avec le poncif politiquement
correct Canada, une histoire populaire, la CBC va nous assommer avec
un autre de ces docudrames conçus, pensés et fabriqués pour
l'auditoire anglophone, The Great War, une nouvelle série historique
destinée à mousser le nationalisme canadian. Comme d'habitude quand
il s'agit d'une opération de propagande de grande envergure, le
service auxiliaire francophone de la CBC, la SRC, est embrigadée
pour diffuser la version française. Unité nationale oblige.




On apprenait dans Le Devoir qu'on allait y réinventer un personnage
historique, Talbot Mercer Papineau (prononcez à l'anglaise). Et
l'arrière-petit-fils de Louis-Joseph Papineau sera interprété par le
fils de Pierre Elliott Trudeau, Justin Trudeau.

Le Canada anglais est un pays à la recherche de héros. On fouille
vraiment tous les fonds de poubelles de l'histoire pour en trouver.
Le fait qu'on agite ce guignol prétentieux et insignifiant qu'était
Talbot Mercer Papineau (1883-1917) en est bien la démonstration. La
manoeuvre des propagandistes canadians a quelque chose de
pathétique.

Un opportuniste

La vérité historique est que le «héros canadien français» de la
série, Talbot Mercer Papineau, était un opportuniste anglo-
protestant d'origine américaine qui espérait utiliser son patronyme
célèbre pour faire une carrière politique à Ottawa. Voilà ce que dit
de lui sa biographe Sandra Gwyn : «Arrière-petit-fils de Louis-
Joseph Papineau, Talbot Mercer Papineau, bien qu'il ait porté l'un
des noms les plus illustres du Québec, était d'ascendance en grande
partie américaine et il fut élevé surtout en anglais.» Sa mère,
Caroline Rogers, était issue d'une grande famille de Philadelphie.
Talbot Papineau fréquenta le Montreal High School, McGill et Oxford.



Dès le début des hostilités, Talbot s'enrôle dans le Princess
Patricia's Canadian Light Infantry. Sandra Gwyn explique que c'est
le pari éclairé d'un carriériste : «Même s'il n'avait jamais
appartenu à la milice, il savait que de bons états de service
favoriseraient son avenir politique.» Après avoir participé à
quelques batailles, Papineau, par ses relations, se fait affecter
aux services de propagande de l'armée. Pendant que d'autres meurent,
il rédige des communiqués exaltants.




Il va aussi se prêter à une opération contre son cousin Henri
Bourassa, le fondateur du Devoir, qui est alors le principal porte-
parole de l'opposition à la guerre. Une très longue lettre portant
sa signature est publiée par l'organe impérialiste et anti-canadien
français de toujours, la Montreal Gazette, et reprise par l'ensemble
de la presse anglo-canadienne. Dans son attaque contre Henri
Bourassa, Talbot Mercer Papineau se présente comme un Canadien
français fidèle à la couronne et à l'empire. Son texte sera utilisé
à des fins de propagande impérialiste jusqu'en Angleterre. Sous le
titre «The soul of Canada», le Times de Londres le publie.



La réponse de Bourassa à son cousin est ironique. Bourassa trouve
plutôt cocasse l'imposture qui amène cet Anglo-américain protestant
à se faire passer pour un Canadien français. Talbot a appris à
parler français en France et le parle avec un accent européen
légèrement teinté d'oxfordien. (Un «pure laine» ! J'ai hâte
d'entendre Justin dans son rôle.) Soulignant à Talbot Mercer que
l'Ontario vient d'adopter le règlement 17 qui abolit les écoles
françaises, Henri Bourassa observe : «Prêcher la guerre sainte pour
la liberté des peuples outre-mer et opprimer les minorités
nationales au Canada n'est, à notre avis, rien d'autre qu'une
odieuse hypocrisie.»

Talbot se sert de son cousin comme faire-valoir pour se présenter au
Canada anglais comme un ardent défenseur de l'empire. Il dénonce
ainsi Henri Bourassa, pour la plus grande satisfaction de ses
lecteurs anglophones : «[...] you will bring disfavour and dishonour
upon our race, so that whoever bears a

French name in Canada will be an object of suspicion and possibly of
hatred» (traduction libre : «vous attirerez la désapprobation et le
déshonneur sur notre race, et quiconque portera un nom français au
Canada sera dès lors objet de méfiance et peut-être même de haine»).
De la part d'un Anglo-américain protestant, son «notre race» est
particulièrement savoureux...

Henri Bourassa se demande pourquoi Talbot Mercer a rédigé sa lettre
en anglais ? «Surprenant pour un homme qui clame haut et fort ses
origines françaises et son amour de la France.»

Le fondateur du Devoir se dit aussi étonné de recevoir une lettre
qui s'ouvre et se termine avec des expressions affectueuses alors
que les deux hommes se connaissent à peine. Henri Bourassa rappelle
à son cousin qu'ils ne se sont parlés qu'une fois dans leur vie de
la question nationale et qu'à cette occasion Talbot Mercer, en bon
Américain, était encore plus opposé que lui aux liens impériaux.
Mais durant une guerre menée par l'empire et soutenue par le Canada
anglais, ce n'était pas là une position qui allait gagner des
sympathies -- et éventuellement des votes -- au fourbe Talbot
Mercer.

Au front, par électoralisme

Talbot Papineau demande d'être muté de nouveau au front. Pas par
patriotisme, mais par électoralisme. Son commandant écrit de
lui : «[Papineau] a l'intention d'entrer dans la vie publique après
la guerre et pense que ses chances seraient meilleures [...] s'il
pouvait montrer qu'il se trouvait avec le régiment pendant une
grande offensive.»

Les ambitions politiques de Talbot Papineau connurent une fin aussi
abrupte que prématurée à Passendaele en Belgique le matin du 30
octobre 1917. Selon le dictionnaire biographique du Canada, juste
avant de franchir le parapet pour passer à l'attaque, Talbot
Papineau dit à un de ses amis : «You know, Hughie, this is suicide» -
- «c'est un suicide». Ce furent ses dernières paroles. Il fut
déchiqueté par un obus allemand dès qu'il quitta la tranchée.

Peu avant sa mort, Talbot Mercer avait écrit à sa mère, en anglais
bien sûr : «Me voilà presque parvenu à l'âge de 35 ans, et je n'ai
rien fait, ou presque.»

Voilà l'individu que la machine de propagande radio-canadienne va
mousser comme un héros canadien-français fédéraliste et bilingue.
Talbot Mercer Papineau est un French Canadian comme les Canadiens
anglais en raffolent. Plus à l'aise en anglais qu'en français, plus
habitué aux coutumes et traditions anglaises, et complètement coupé
de la réalité du Québec français. Le choix de Justin Trudeau pour
incarner le personnage est finalement très approprié.


http://www.ledevoir.com/2006/08/02/114979.html



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